lundi, 17 décembre 2007

CONSEIL MUNICIPAL DU 17 décembre 2007

 

BUDGET PRIMITIF 2008
Ludmilla HUG-KALINKOVA

 

 

Pour le groupe d’élus UDS, présidé par Ludmilla HUG-KALINKOVA

Marthe SCHWAB, Kineret WEIL, Olivier ARON.

 

 

Madame le Maire,

 

Votre Budget Primitif s’inscrit cette année dans un double cadre, celui d’une campagne municipale dont l’échéance est proche et par ailleurs un contexte économique et social qui dépasse l’enjeu municipal mais ne peut en être dissocié.

 

Votre BP 2008 fleure bon un subtil parfum de campagne et nous le démontrerons.

Le contexte économique et social est mauvais et les espoirs suscités par l’élection de Nicolas SARKOZY sont en passe de s’évaporer devant les réalités d’une France incapable de se réformer. Vous avez beau vous réclamer du centre par opportunisme politique, vous êtes bel et bien une élue, Maire et Sénateur du groupe majoritaire UMP, et à ce titre vous endossez la responsabilité partagée de la politique de ce gouvernement. En deux mots :

q      Aucune amélioration prévisible du pouvoir d’achat en France et même régression sociale par le truchement de mesures incompréhensibles (pernicieuse mystification concernant la redevance audio-visuelle par exemple)

q      Mesures cachées, comme par exemple création d’une nouvelle taxe sur une partie des cotisations des organismes de protection sociale complémentaire, venant alourdir la charge des entreprises et compliquer encore davantage leurs tâches administratives.

q      Mesures touchant les heures supplémentaires vouées à l’échec, sachant qu’elles ont été à ce point retoquées qu’au delà de 1.3 du SMIC, elles coûteront plus cher aux employeurs qu’auparavant…

q      Droits de succession retouchés à la marge après les grandes déclarations enflammées laissant à penser à une révolution dans ce domaine.

q      Dette partant à vau l’eau

q      La litanie est interminable et se résume en une phrase : communication remarquable et action laissant à désirer.

Tout ceci n’aurait aucun intérêt dans notre débat, dans la continuité d’une politique économique et sociale vouée à l’échec, s’il n’en découlait trois conséquences marquantes touchant les habitants de Strasbourg : Perte de pouvoir d’achat aggravé, croissance en berne et désengagement de l’Etat vis à vis des collectivités locales…

Mon commentaire se bornera à 3 points :

q      Les stigmates d’un budget préélectoral démenti avant l’heure par l’écart vertigineux constaté chaque année entre vos BP et les CA correspondants (recettes sous estimées et dépenses surestimées).

q      Les grandes lignes de votre budget de fonctionnement et l’imposture institutionnelle  concernant les impôts des ménages strasbourgeois.

q      Votre politique d’investissements, la dette et le service rendu aux habitants.

 

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lundi, 26 novembre 2007

INTERVENTION

Conseil de Communauté Urbaine de Strasbourg
23 novembre 2007


Débat d’orientations budgétaires 2008

Ludmilla HUG-KALINKOVA

 

Le DOB de la CUS devrait être l’occasion d’un authentique débat concernant les orientations politiques de cette communauté regroupant 28 communes à ce jour et disposant d’un budget de plus d’1 milliard d’€. Cet acteur majeur de l’économie régionale devrait avoir à cœur de débattre de son développement économique, de l’équilibre de ses territoires et de son rôle moteur dans la construction d’un Eurodistrict qui soit un puissant levier de développement.

Or vous réduisez ce débat à une kitchenette comptable dont ne se dégage aucune vision de l’avenir et qui ne trace aucune perspective. De surcroît, ce débat intervient avant le renouvellement de notre assemblée, consécutif aux élections municipales à venir, ce qui lui confère une importance particulière.

Pour ma part, je ne retiendrai que les points qui me paraissent essentiels :

  1. Concernant la conjoncture et son incidence sur les finances de la CUS, la faiblesse de la croissance française, maladie chronique de notre pays, aura un impact sur la participation de l’Etat aux finances des collectivités locales. La dernière décentralisation en trompe l’œil et le désengagement de l’Etat sont en marche et les ressources de la CUS en souffriront dans les années à venir.
  2. Depuis votre arrivée au pouvoir en 2001, la ville de Strasbourg a progressivement transféré l’essentiel de ses investissements structurants à la CUS, sans que ce glissement ne s’accompagne d’un débat avec ses partenaires, débat d’où puisse émerger une nouvelle distribution concertée des rôles et des charges financières. La Communauté Urbaine a besoin dans ce contexte d’une véritable réforme, puisqu’elle devient tout à la fois un acteur économique de premier plan et le principal effecteur des grands projets concernant directement Strasbourg. Les questions de la fiscalité sur le territoire de la CUS, de son attractivité économique, voire, dans ce cadre, de son élargissement, seront déterminantes pour l’avenir et méritent mieux que le débat que vous nous proposez.
  3. Cela m’amène tout naturellement à évoquer le rendez-vous manqué de l’Eurodistrict. Les Allemands eux-mêmes se plaignent dans la presse de l’inertie de leur partenaire, c'est-à-dire de la vôtre, même si vous en défendez à cors et à cris ! L’Eurodistrict est une occasion unique de mettre des moyens en commun, d’élaborer une stratégie économique d’envergure, de régler opportunément la question de la desserte aérienne de Strasbourg et de donner à la CUS la masse critique dont elle a besoin pour relever le défi de la concurrence que se livrent les grandes métropoles. Par votre intransigeance sur des questions accessoires, votre manque de vision et d’ambition, vous en avez fait un « machin » dont la portée est à ce jour illisible et dérisoire.
  4. Les investissements supportés par la CUS seront producteurs de frais de fonctionnement non négligeables. La dette cachée de la CTS et l’augmentation notoire des frais inhérents à l’exploitation du tram et aux extensions de réseau pèseront lourdement sur le budget communautaire dans les années à venir. La dette que vous décrivez comme raisonnable ne tient pas compte de celle de la CTS et il est surprenant d’entendre encore ce genre d’assertion dans un pays dont le Premier Ministre UMP, François FILLON, expliquait récemment devant les caméras qu’il était au bord de la faillite…
  5. Pour terminer, je voudrais vous dire combien la réforme de la CUS que j’appelle de mes vœux devra rompre avec cette tradition autoritaire et arbitraire qui fait de Strasbourg la toute puissante, le grand manitou de la politique communautaire, au détriment du dialogue et de la concertation avec l’ensemble des partenaires. Je souhaiterais vivement que la prochaine mandature se donne la priorité d’une réforme en profondeur du dispositif de la CUS dans le cadre d’une grande réforme de la Communauté Urbaine , incluant la question de la fiscalité et de son impact sur l’activité économique. Cette réforme si nécessaire, menée conjointement à la mise en place d’un Eurodistrict efficacement déployé, seront les seuls gages du développement de notre agglomération au sein des grandes métropoles de l’Europe élargie.