Intervention au Conseil Municipal du 19 novembre 2007
Groupe UDS :
Ludmilla HUG-KALINKOVA , Marthe SCHWAB , Kineret WEIL, Olivier ARON 
Madame le Maire,
Le débat d’orientations budgétaires se place cette année dans le contexte de la campagne pour les élections municipales de mars prochain. Il revêt donc une signification particulière et nous amène à nous poser une double question : Quel est votre bilan par rapport à vos promesses de 2001 et quelle serait votre politique si vous étiez réélue, au regard de ce bilan. Au fond et très simplement, allez-vous nous refaire le coup de 2001 ?
1. Votre bilan et vos promesses en quatre points,
à comparer à vos OB pour 2008 :
q La fiscalité : En 2001 vous aviez tout simplement promis de baisser les impôts ! Ils ont augmenté de 25 à 30 %, même si nous savons que la part départementale y contribue pour un quart seulement en raison même du désengagement de l’Etat, ce qui par ailleurs vous confère une double responsabilité en tant que Sénatrice UMP. Cependant, vous continuez allègrement à mentir à vos concitoyens, oubliant d’inclure l’augmentation des bases, qui dépend du vote des parlementaires certes, mais que vous seriez en mesure de corriger si vous le souhaitiez ! Pour votre information, les habitants n’ont cure de vos chiffres tronqués. Ils savent que leurs impôts ont augmenté de 25 à 30%. Vos électeurs ne sont pas des abrutis !
q La Maîtrise des dépenses en fonctionnement : au CA 2006 elles représentaient 58% des dépenses réelles. Chacun se souvient, d’année en année, de votre éloquence à évoquer la maîtrise des dépenses de personnel. Elles ont pourtant augmenté de plus de 16% en 5 ans et ont allègrement franchi la barre de 50% des dépenses de fonctionnement. Votre gestion erratique des personnels, un cabinet pléthorique et votre incapacité à maîtriser ce poste ne laisse pas d’inquiéter. La réalité est que l’une des variables d’ajustement que vous utilisez pour compenser vos erreurs de gestion consiste à serrer la vis aux associations et aux CSC !
q Les investissements et la dette : certes vous avez beaucoup investi. Mais pour quel bénéfice de la qualité de vie des Strasbourgeois et à quel prix ? Vos investissements sont discutables, pour certains aberrants et la dette a explosé. Vous l’avez artificiellement réduite au CA en 2006, comment : en faisant passer une opération de rééchelonnement de la dette pour une opération de désendettement ! et bien sûr grâce à la vente, calamiteuse, des bâtiments du Parlement Européen. Selon les propos de notre Premier Ministre UMP, Mr FILLON, la France est au bord de la faillite et j’ai la faiblesse, Madame le Maire, de le croire… Comment pouvez-vous, dans ce contexte, avancer en pérorant que les autres villes de France sont plus endettées que la nôtre et continuer votre fuite en avant ?
q Dernier argument et non des moindres : certains de vos investissements vont générer des frais de fonctionnement incompressibles. La Grande Bibliothèque devrait à elle seule produire 2 à 4 % de frais de fonctionnement supplémentaires sur votre budget global ! Le transfert massif de la plupart des grands projets à la CUS crée un déséquilibre qui demanderait une remise à plat complète de la répartition des charges entre la ville et la CUS et une réorganisation complète de la CUS elle même.
2. Vos orientations budgétaires, vos nouvelles promesses…
et le coup de 2001 !
q Les impôts : Vous avez engrangé l’effet exponentiel des hausses de vos prédécesseurs, puis des vôtres, oubliant allègrement vos promesses de 2001 (vous vous souvenez sûrement : « La priorité c’est vous … nous allons baisser les impôts ! »), et cela vous permet en effet d’afficher une marge d’autofinancement satisfaisante. C’est la raison pour laquelle vous pouvez prétendre ne pas augmenter les taux votés par le Conseil lors du prochain BP. Mais vous savez fort bien que vous ne maîtrisez rien de vos frais de fonctionnement, qui augmentent plus vite que les recettes depuis 2001 et qui chaque année augmentent deux fois plus vite que l’inflation. Bref vous nous refaites le coup de 2001 en prétendant devant la presse ne pas augmenter les impôts en 2008 et années suivantes : - Alors Madame le Maire je vous prie de répondre à une seule question, sans nous abreuver de périphrases visant à noyer le poisson… Pour respecter cette nouvelle promesse de pacotille êtes-vous prête à compenser en 2008 et années suivantes, par une baisse des taux de la ville, l’augmentation des bases, votée par le parlement (probablement 1.8% en 2008), pour que nos concitoyens constatent effectivement que leurs impôts n’augmentent pas ! Si vous ne répondiez pas clairement ou prétendiez encore, serait-ce par la voix de votre inénarrable rhéteur, notre collègue Le Jehan, que cette augmentation des bases ne dépend pas de vous, ou qu’elle n’est destinée qu’à compenser l’inflation, ayez au moins le courage de dire à vos concitoyens que les impôts augmenteront en 2008 et années suivantes de environ 1.8 % au minimum et que vous ne comptez pas compenser cette hausse…
q Les frais de fonctionnement : vous ne pouvez prétendre les maîtriser pour plusieurs raisons :
o La situation des finances de l’Etat se dégrade encore, son désengagement est inéluctable vis à vis des collectivités locales et la croissance, comme d’habitude sera structurellement faible en France.
o Vos partenaires institutionnels que sont la région et le département sont confrontés aux mêmes contraintes et le CA 2006 le montre à merveille, leur contribution aux multiples partenariats dont la ville a besoin pour ses financements va probablement baisser encore (pour mémoire, au CA 2006, moins 60% pour la région et moins 30% pour le département)…
o La braderie du patrimoine municipal et la perte des revenus des bâtiments du parlement européen vont peser lourd. Or au CA 2006, la perte de revenus atteignait déjà 25 %....
o Vous n’êtes jamais parvenue à maîtriser les frais de personnel et sans la remise à plat complète ainsi que la redistribution des cartes en profondeur du dispositif de la CUS , dans le cadre d’une grande réforme de la Communauté Urbaine , incluant la question de la fiscalité et de son impact sur l’activité économique, votre marge de manœuvre est de plus en plus réduite. En gros et pour simplifier, il vous reste trois variables d’ajustement : Les impôts, les frais de personnels et les subventions de fonctionnement.
q La dette et les investissements : vous comptez maintenir le rythme d’investissement des années précédentes, oubliant que malgré le détricotage des chiffres que vous avez tenté lors de la discussion du CA 2006, l’année passée, les taux de réalisation avaient singulièrement baissé... Vaste programme. Vous prétendez si bien maîtriser vos dépenses de fonctionnement que le recours à l’emprunt serait limité ! Bravo, mais nous venons de vous dire ce que nous en pensons. Page 3 de votre rapport, vous glissez rapidement sur l’une des variables que vous avez largement exploitée : La grande braderie du patrimoine municipal que vous avez manifestement l’intention de poursuivre… A regarder les chiffres, ce que nous faisons rigoureusement depuis plus de 4 ans, vous nous proposez tout simplement de ne pas changer de politique ! Cela n’étonnera personne, devant tant d’autosatisfaction.
Nous pourrions développer la litanie dans ses détails, mais à quoi bon ? Vos OB fleurent si bon la campagne… électorale… Mais Madame le Maire, la mentalité de nos concitoyens a notoirement évolué depuis ce temps où l’on pouvait berner les électeurs d’élections en élections…
Merci Madame le Maire pour votre attention,
Note :
L’augmentation à taux égal de la part départementale de la TH a un impact 4 fois moins important que celle de la part ville !